Envie de changer de métier, de redéfinir votre vie professionnelle … En quoi l’accompagnement d’un professionnel peut-il vous aider ?

Certaines personnes de mon entourage m’interrogent parfois sur les accompagnements que je propose dans le cadre des transitions professionnelles : « Qui vient te consulter ? » « Est-ce réservé à certains niveaux de responsabilités ? » « Est-ce vraiment utile ? » « Pourquoi y intégrer autant de connaissance de soi et ne pas faire un simple bilan de compétences ? » …  Des questions légitimes et sur lesquelles j’ai envie aujourd’hui de partager ma vision et mon expérience avec vous.

Changer de « job », d’entreprise, se reconvertir, « passer à autre chose », c’est un projet de vie … et à ce titre, chacun d’entre nous est concerné. Il n’existe donc pas un « profil » type pour être accompagné, même si, dans les faits, certaines entreprises ne proposent des accompagnements de type « outplacement » qu’à certains collaborateurs, notamment les fonctions à responsabilités.

Un accompagnement est clairement utile car toutes les questions liées à notre « carrière » ou « nos changements professionnels » ne sont jamais anecdotiques. Lorsque le besoin de changement apparait et qu’il devient de plus en plus fort, il est vraisemblable que nous ayons plus qu’une envie, c’est un vrai besoin qui est en jeu. Cela peut être un besoin de sécurité, de liberté, de reconnaissance, d’être soi-même, en phase avec ses valeurs, de contribuer à un projet qui a du sens, … ou de donner tout simplement du sens à notre vie professionnelle, à notre vie « tout court », …

Ne pas être « à notre place » dans notre vie professionnelle touche à nos besoins essentiels – et même vitaux. Parce que c’est nouveau ou qu’on mesure inconsciemment ce que cela touche ou ce que cela peut remettre en cause, on « oublie » à quel point ils sont générateurs d’émotions. C’est pourtant une réaction logique – à la fois physiologique et psychologique – à laquelle on n’échappe pas. Cela peut générer de la peur (un métier qui disparait, un poste qui va être supprimé, des compétences nécessaires que l’on ne détient pas), de la colère – de ne pas être reconnu pour qui on est vraiment, de devoir négocier avec nos valeurs – ou de la tristesse de passer autant de temps à faire des choses qui nous apportent peu …

Ces questionnements ne nous sont pas toujours familiers et l’enjeu devient lourd et peut nous mettre en suspens. En parler autour de nous n’est pas toujours la solution. Il se peut que l’on se trouve confronté à des jugements, des croyances, aux peurs de notre entourage ou à l’incompréhension. Du coup, toutes ces pensées intérieures peuvent « tourner en boucle », créer des ruminations et nous faire hésiter.

La clé de l’accompagnement est d’offrir un cadre professionnel, structuré et protégé pour poser ce questionnement, pour clarifier et explorer.

Le consultant-coach prend soin de traiter les émotions et notamment la peur, la première émotion qui apparait en cas de changement. La peur peut sembler un mot fort, mais le curseur est large : la peur commence avec les hésitations, les doutes, le manque de confiance et peut aller jusqu’à tétaniser. La semaine passée, l’un de mes interlocuteurs me disait vouloir être accompagné parce qu’il « souffre de rester mais avait peur de partir ». C’est la crainte de sauter le pas (ou en d’autres termes, le syndrome de « l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs » ou « on sait ce qu’on perd, on ne sait jamais ce qu’on trouve » …) et de comment le faire efficacement.

Un auteur a très justement mis en avant ce qui se joue dans ces changements. Il s’agit de William Bridges. Il s’est intéressé, il y a plus de 30 ans (déjà !), au changement lorsqu’il a lui-même opéré une réorientation de carrière. Dans son ouvrage « Transitions de vie. Comment s’adapter aux tournants de notre existence », il met en avant deux notions essentielle : le changement et la transition, s’apercevant qu’il est facile et fréquent d’évoquer le changement dans nos vies mais de ne pas considérer la transition qui s’opère.

Pour William Bridges, ces deux concepts sont reliés mais ne sont pas synonymes :

  • Le terme « changement » reflète une réalité concrète et objective vécue par un individu, par exemple un nouvel emploi. C’est la partie visible.
  • La transition est le volet subjectif, le processus interne du changement, c’est-à-dire l’adaptation interne, psychologique, que l’individu opère face à ce changement.

L’auteur explique qu’il ne pourra pas y avoir de changement réussi sans que l’individu vive ce processus de transition.

William Bridgesidentifie 3 phases dans le processus de transition :

La première phase est celle du renoncement à la situation actuelle, qui implique de faire le deuil de la situation que l’on quitte. Qu’est-ce qu’on perd vraiment ? Quels regrets cela suscite ? Quelles émotions ?

Il s’agit d’un processus de prise de conscience individuelle qui contraint chaque individu à être lucide sur les bons ou moins bons moments de l’existence. Cette étape est nécessaire même lorsque l’on quitte une situation difficile ou non satisfaisante. Parce que cela demande une réflexion profonde sur soi et peut faire ressortir des choses douloureuses, le questionnement d’un consultant peut faciliter la prise de conscience et aider à franchir les étapes. C’est le moment d’aborder les besoins, les valeurs, les motivations, les environnements favorables – ou pas – et contraintes à prendre en considération.

On parle souvent de la « crise de la quarantaine », il est vrai que c’est un âge placé sous le signe du bilan et du renoncement à certaines illusions, mais aussi de découverte de soi et de ce que l’on souhaite vraiment. Et à chaque étape de notre vie, nos périodes de transition rimeront de plus en plus avec cette recherche de sens, ce que l’on souhaite faire de notre vie.

La deuxième étape est appelée la « zone neutre ». C’est une période marquée par l’incertitude, un « temps de vide » et de questionnements. Sans accompagnement, elle peut se traduire par une nécessaire « mise en retrait » pour réfléchir, prendre conscience de soi, de ce que l’on veut. Elle peut ou non être efficace, chaque cas est différent et personnel. Un accompagnement est utile car il guide la réflexion. Par exemple, l’exercice de l’histoire de vie, des courbes de vie qui permettent de se réapproprier son passé pour comprendre le présent et se projeter ensuite. Il permet aussi d’identifier les compétences clés (au-delà de ce que la personne sait faire, ce qu’elle aime faire), ses qualités et ses forces. Est-ce qu’elle souhaite focaliser sur ses forces ou en développer d’autres ? C’est donc une phase de réflexion mais aussi de préparation qui est essentielle. Elle rassure, elle clarifie et c’est à ce moment que la transformation s’effectue.

Enfin, la 3ème et dernière étape est celle du « nouveau départ ». CommeBridges le précise, il est difficile de dire ou de distinguer exactement à quel moment la personne passe à cette étape car c’est un processus très personnel. On peut le détecter via des « signes intérieurs » comme des idées, des images, des impressions qui émergent chez la personne ou des « signes extérieurs » comme le feedback de l’entourage, des propositions ou opportunités qui se présentent, …

En conclusion, l’accompagnement par un consultant-coach a pour vocation et objectif de faciliter et sécuriser le passage entre ces trois étapes et pour favoriser la mise en action. Car il ne s’agit pas seulement de se connaitre et de savoir ce qu’on veut mais d’agir efficacement pour l’obtenir ! Il s’agit alors d’intégrer les techniques de communication, de « marketing de soi » pour que la personne soit en capacité de se présenter et de mettre en avant son projet, son offre de service, qu’elle utilise habilement les « démarches réseau » (en trouvant la manière de faire qui lui convient) et la stratégie la plus efficace.

L’approche de Bridges me parle à double titre. D’une part, parce qu’elle guide mes accompagnements dans lesquels je donne une place de choix à la connaissance de soi (valeurs, motivations, besoins et émotions) et à l’accompagnement de la mise en action. En cela le coaching a toute sa place dans un accompagnement carrière.

D’autre part, j’ai vécu moi-même ce double processus lorsque j’ai quitté une entreprise dans laquelle je ne m’épanouissais plus. En débutant un accompagnement, je prévoyais de retrouver rapidement un autre poste de Responsable RH, avec les quelques différences qui ferait que ce prochain poste serait mieux que le précédent. Mais petit à petit, j’ai pris mon temps … je ressentais une sorte d’angoisse à « repartir pour un tour », j’ai commencé à mettre des mots sur mon envie de changement. C’était plus profond que je ne le pensais. Avec le travail de réflexion, j’ai pu mettre à jour mes convictions, mes motivations profondes, ce qui me rend fière, utile, qui donne du sens à ma vie, tant sur le plan professionnel que personnel.

Ce travail personnel a abouti à la création de mon cabinet DEAR Coaching il y a maintenant 6 ans et je me consacre depuis à ce que j’aime le plus : accompagner les personnes mais également les équipes dans leurs développements et leurs transitions. Chaque personne est différente, chaque accompagnement aussi, chaque projet … Je ressens un vrai plaisir, une véritable satisfaction à les accompagner et je peux ainsi dire que j’ai réussi ma transition – selon William Bridges ( merci pour son éclairage) et un grand merci à Véronique qui m’avait accompagnée dans ce cheminement.

Laurence Lejeune

Coach certifiée

3 réponses sur “Envie de changer de métier, de redéfinir votre vie professionnelle … En quoi l’accompagnement d’un professionnel peut-il vous aider ?”

  1. Cet écrit met les bons mots sur ce que ressentent de nombreuses personnes. De plus, il est complété d’une expérience personnelle. À lire et à relire.

  2. Merci Laurence, j’ai entrepris une démarche du même type il y a quelques mois et ton article me parle vraiment mais j’avoue qu’au début c’est très difficile d’avoir le recul nécessaire. D’où la nécessité d’être coaché d’une manière ou d’une autre et viens ensuite la libération.. le bonheur de retrouver du sens à ce que l’on fait !

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